Un adolescent de 15 ans avait été littéralement lynché dans un recoin extérieur de la boîte de nuit montluçonnaise le One discothèque le 19 décembre dernier. Un mois tout juste plus tard, un client et un présumé videur de l’établissement ont été condamnés hier en comparution immédiate.
Un an de prison pour le premier qui avait donné les nombreux coups de poing et de pied, en état d’ivresse. 2 ans dont 12 mois avec sursis pour le second qui avait été témoin de la scène, sans jamais intervenir de quelque manière que ce soit. La jeune victime très choquée s’en était tirée presque miraculeusement avec un tympan perforé, de multiples ecchymoses et 6 jours d’ITT.
La scène captée par la vidéosurveillance de l’établissement dure six minutes. Six longues minutes de coups de poing, de coups de pied subis par une victime un temps au sol et vacillante en tentant de se relever. Six minutes "d’ultra-violence" où l’adolescent "est réduit à l’état de punching-ball" dira le procureur de la République. Et si ces images diffusées à l’audience avaient de quoi choquer, la photo du visage totalement tuméfié de l’adolescent aussi.
Dans son box, l’agresseur présente excuses et regrets à sa première prise de parole. S’il assure avoir été insulté par la victime, cet étudiant sans histoire de 21 ans admet surtout avoir totalement dégoupillé. Reste le rôle trouble de ce troisième protagoniste, un homme de 56 ans témoin direct de la scène, et qui n’avait pas bougé le petit doigt durant l’intégralité du passage à tabac. "Tant qu’il n’y a pas de couteau, je ne bouge pas", a tenté de se défendre ce videur, qui assure qu’il ne travaillait pas ce soir-là.
Jusqu’ici inconnu de la justice, l’auteur des coups a échappé hier soir à un maintien en détention. Le vigile va avoir un rendez-vous avec un juge des libertés pour un aménagement de la partie ferme de la peine. Les deux ont également désormais interdiction de fréquenter boîtes de nuit et bars durant trois ans, interdiction d’entrer en contact avec la victime pour la même durée.
Le parquet a par ailleurs indiqué hier que l’établissement de nuit où s’étaient déroulés les faits étaient dans le viseur "des autorités judiciaires et administratives".