Des salariés d'un magasin d'ameublement de Domérat ont-ils subi du harcèlement moral de la part de leur directeur ? C’est toute la question du procès de cet homme de 41 ans, qui a eu lieu hier, devant le tribunal correctionnel de Montluçon. Six désormais anciens salariés du spécialiste de l’ameublement et de l’électroménager, basé zone commerciale Terre-Neuve, étaient parties civile dans ce dossier complexe.
Ils accusaient celui qui était alors leur directeur d’être la cause d’une dégradation de leur santé mentale et physique du fait de son management, entre 2020 et 2022. Après 4h30 d’audience, le tribunal a mis sa décision en délibéré au 24 mars prochain. Le parquet a requis 6 mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende dont la moitié avec sursis contre l’ancien directeur.
Manipulateur. Hautain. Intéressé par le pouvoir et au management toxique : voilà comment le directeur est décrit par une partie des employés. Arrivé en octobre 2020 après avoir été écarté de la direction du magasin de Pau, le quadragénaire ne le cache pas : à Montluçon, il s’est appliqué, dit-il, à remettre un cadre et une structure. Il a alors seulement fait valoir son pouvoir de direction… et cela a dérangé, plaide son avocat en demandant la relaxe. Il y avait de la part d’un délégué syndicat et de certains autres la volonté de faire tomber son client, estime Maître Antoine Portal.
Les avocats respectifs des ex-salariés relatent la souffrance profonde que cet épisode a généré. Et plus aucun d’entre eux ne travaille aujourd’hui dans le magasin, contrairement à d’autres qui ont témoigné, en faveur de leur ex-directeur. "17 arrêts de travail en 2022 : on a dépassé la limite de l’acceptable… avec une forme de complicité de l’entreprise", tranche de son côté la représentante du parquet.
Elle a donc requis la condamnation du mis-en-cause.