"Sans tristesse" : Julian Alaphilippe explique les raisons de sa retraite

Sa dernière apparition sur un vélo en compétition restera donc la dernière étape du Tour de France 2026, sur les Champs Elysées. Comme indiqué jeudi soir par plusieurs médias dont L'Equipe, Julian Alaphilippe a bien décidé d'arrêter sa carrière, avec effet immédiat, à l'âge de 34 ans. Il s'en explique pour la première fois dans une interview publiée par sa dernière équipe, Tudor pro cycling team. Morceaux choisis.

Sur sa décision.

"Le moment était venu. J'ai toujours couru à l'instinct, en attaquant quand j'avais des fourmis dans les jambes. J'ai pris cette décision de la même manière. Je me suis réveillé un matin, lors d'un camp d'entraînement et j'ai senti que c'était ma dernière année. Sans tristesse."

Sur ce qu'il ressent.

"De la gratitude. Vraiment. Je suis un enfant de Saint-Amand-Montrond qui a commencé par le cyclo-cross. Et qui faisait de la batterie lors de bals avec mon père. Si on m'avait dit que je porterai le maillot jaune pendant 14 ans et que je deviendrai double champion du monde, je ne l'aurais pas cru. C'était un cadeau".

Sur les grandes dates de sa carrière.

Le Tour de France 2019. "Quand j'ai pris le maillot jaune à Epernay, je me suis dit "je vais l'avoir deux ou trois jours". Cela a duré quatorze jours! Selon les statistiques, j'ai perdu le Tour (il avait fini 4e, NDLR). Mais cela reste l'un de mes meilleurs souvenirs".

Les titres de champion du monde 2020 et 2021. "A Imola (2020), j'ai franchi la ligne et j'ai levé les doigts vers le ciel, pour mon père. A Leuven (2021), j'ai pu célébrer, ce que je n'avais pas pu faire à cause du Covid l'année d'avant. Ce mur de spectateurs en Belgique.... La Belgique était ma deuxième maison".

Ses regrets. "Liège-Bastogne-Liège 2020, lorsque j'ai célébré ma victoire trop tôt. Cela m'a coûté un Monument. Mais cela représente aussi qui je suis. J'ai couru avec mon coeur, avec les erreurs que cela induit. Je préfère avoir perdu dix fois en attaquant que gagner une fois parce que mon équipe m''avait dicté comment il fallait courir".

Sur ses deux ans chez Tudor. "J'ai eu l'occasion de renvoyer l'ascenseur, en aidant les jeunes coureurs à lire la course, et à transmettre ce que j'avais eu la chance d'apprendre pendant seize ans. Etre écouté et respecté par la jeune génération a été un privilège."

Sur ce qui va lui manquer. "Je peux dire une chose : ne pas être à la maison 250 jours par an ne va pas me manquer. Ce à quoi j'aspire, c'est de profiter pleinement du temps avec mon fils. Mais bien sûr, le goût de l'effort va me manquer. La camaraderie avec mes coéquipiers, la vie d'équipe, ça, ça va me manquer".

Sur ce qu'il veut dire à ses fans. "Qu'ils m'ont porté toute ma carrière. J'espère leur avoir apporté quelque chose en échange, des frissons, une raison de se réjouir, un sourire, un moment partagé avec un père ou une fille, au bord de la route. Merci pour tout. Pendant quelques temps, je ne vais plus m'exprimer. Je ne donnerai pas d'autres interviews, et je ne répondrai à aucune question autour de cette décision. J'ai besoin de calme, et plus que tout, de passer du temps avec ma famille."