C’était en août 2023. Un Montluçonnais avait été suivi, embarqué de force dans une voiture puis frappé. Il avait réussi à s’enfuir, le torse nu en pleine rue, avant de se réfugier chez un ami. Deux ans et demi plus tard, ses trois agresseurs étaient à la barre du tribunal correctionnel de la ville, hier.
Ces trois jeunes hommes âgés de 23 à 29 ans ont été reconnus coupables de violences aggravées mais aussi, pour l’un d’eux, de refus d’obtempérer et de destruction de bien d’autrui. Des peines de deux ans dont un avec sursis prononcés pour l’un, trois ans de prison, pour les deux autres.
Pris en chasse par la police, le trio avait pris la fuite en voiture avant de tomber en panne près de Saint-Amand Montrond. Les trois venaient de la région lilloise… de quoi alimenter l’hypothèse d’un guet-apens, sur fond de trafic de stupéfiants.
Les violences commises avec la menace d’un tournevis sont globalement reconnues. La fuite pour échapper à la police, en brisant au passage une barrière du péage de Bizeneuille aussi. Ce qui a été davantage discutée, c’est le pourquoi de cette journée estivale mouvementée. Les trois prévenus vivent tous dans le Nord, alors que faisaient-ils à Montluçon ? L’un évoque du tourisme, un autre avoir suivi l’instruction d’un GPS. Pourquoi s’en être pris à une victime qui dit avoir subi une vengeance après du tapage nocturne ? "Il nous a proposé du stupéfiant", dément le seul des trois à comparaître libre, quand les deux autres sont incarcérés.
Si les explications des différents protagonistes ne concordent pas, tous ont pour point commune d’être plus ou moins connus pour des faits liés aux stupéfiants. S’il a admis qu’il était impossible d’affirmer le lien entre cette affaire et du trafic, le procureur de la République a aussi noté ce qu’il a qualifié de « jumelage de voyous » entre la région lilloise et Montluçon Pour le représentant du parquet, il s’agissait en tout cas d’un dossier de "violences crapuleuses".
Le compte-rendu d'audience diffusé dans nos journaux de ce mercredi.
Un mandat de dépôt a été ordonné pour les deux plus lourdement condamnés.